Pourquoi réaliser une audiométrie?

test auditif

Plus de 6 millions de personnes, soit un français sur 10, souffrent d’une perte de l’audition. Parmi eux, deux millions ne s’équipent pas par manque de moyens. 2 séniors de plus de 65 ans sur 3 sont atteints mais elle peut survenir à tout âge, après un accident, une infection ou un abus de musique forte. Désormais, être malentendant n’est plus une fatalité et des dispositifs à la pointe de la technologie sont à votre disposition.

Vous pouvez maintenant profiter des progrès spectaculaires réalisés ces dernières années dans ce domaine. Certaines personnes équipées disent n’avoir jamais aussi bien entendu, même avant l’apparition de leur problème auditif.

Les assistants d’écoute sont des amplificateurs moins chers que les aides auditives, mais elles ne font qu’augmenter le volume sonore ambiant. Une prothèse auditive réelle est réglée sur-mesure uniquement sur les fréquences pour lesquelles vous avez perdu de l’acuité. Traiter les problèmes d’audition par une seule amplification peut s’avérer contre productif puisqu’un volume sonore important sur une longue durée peut altérer des canaux de fréquences qui ne l’étaient pas.

Une audiométrie réalisée par un professionnel audioprothésiste, par exemple, est la seule méthode pour déterminer les sons et les fréquences qui ne sont plus perçues. C’est pourquoi avant toute autre démarche, il faut réaliser un bilan auditif qui déterminera le type d’aide auditive dont vous avez besoin avec un réglage très fin. Le confort d’écoute est également incomparable, car le système électronique permet de distinguer une voix dans un milieu bruyant (typiquement, le brouhaha d’un restaurant) et de la mettre en avant en atténuant le bruit ambiant. De même le micro directionnel et ses capteurs s’orientent automatiquement vers la source vocale pour la privilégier, ce qui évite de tourner la tête. Les algorithmes de traitement du son qui sont intégrées aux aides auditives (leur logiciel) sont en mesure de différencier la parole, la musique et des bruits blancs (comme le moteur d’une voiture) et de gérer intelligemment jusqu’à 7 ambiances sonore pour un confort optimal.


Déroulement du bilan auditif

Le bilan auditif complet, entièrement gratuit, dure une demi-heure à trois quart d'heure. Il est réalisé par des spécialistes de l'audition. Il n'est aucunement douloureux ou gênant.

Il est consitué d'un entretien avec vous, d'un test auditif, éventuellement d'un test complémentaire de compréhension orale si une baisse auditive est constatée, et d'une explication des analyses, suivie de conseils personnalisés.

En voici les principales étapes:

  • Les spécialistes vous interrogent d'abord sur votre perception des sons dans les différentes situations de la vie quotidienne.
  • Ils mesurent avec précision la qualité de votre audition, en testant fréquence par fréquence votre perception des sons, c'est l'audiométrie tonale.
  • Ils testent spécifiquement votre compréhension de la parole, souvent le premier révélateur de la baisse d’audition (mesure d'intelligibilité)
  • Ils réalisent un examen clinique des conduits auditifs externes et des tympans.
  • ils vous expliquent les résultats de vos tests et ce qu’ils impliquent concrètement pour votre qualité de vie et votre santé, à court terme et dans le futur.
  • Enfin, il vous conseillent sur la nécessité ou non de vous inquiéter d’une éventuelle baisse d’audition, et sur l’échéance à laquelle vous devrez réagir.

Le test auditif

test auditif

La perte de l’audition touche de nombreuses personnes, mais elle est bien souvent décelée trop tard. En effet, il n’est pas toujours facile de se rendre compte d’une diminution de ses capacités auditives. Pourtant, si vous constatez l’apparition de sifflements ou de bourdonnements, si vous avez de plus en plus de mal à entendre une conversation, si vous ressentez une gêne dans les espaces bruyants ou encore l’apparition de vertiges, il est conseillé de procéder à un test auditif. Vous auriez tort de penser que tant que vous entendez, tout va bien, car la perte d’audition est lente et progressive, et il n’est pas possible de revenir en arrière. Or, l’impact se fait ressentir sur votre qualité de vie.

Un test d'audition se réalise à tout âge, car la perte auditive peut toucher toutes les générations. En effet, celle-ci peut être due à l’âge avancé, mais également à une exposition répétée au bruit, à l’écoute forte de la musique, à une maladie ou encore à des facteurs héréditaires. Découvrez en quoi il consiste, son interprétation et les démarches à entreprendre selon les résultats obtenus.

Le test auditif est la partie du bilan qui mesure les factultés d'audition sur tout le spectre des fréquences (de graves à aigues) et à différents niveaux d'intensité.
Vous êtes placés dans une cabine insonorisée avec un casque audio. L'audioprothésiste qui vous accompagne est en face de vous, séparé par une vitre.

Il s'agit d'un examen simple et sans douleur qui dure en moyenne 30 à 45 minutes.

Le principe du test consiste juste à faire un signe de la main quand vous entendez le son diffusé dans le casque.
Les résultats sont reportés sur un audiogramme qui permet de visualiser les baisses d'audition par fréquence et leur importance et sert de base au diagnostic.

Que mesure-t-il ?

Un test auditif est destiné à mesurer plusieurs éléments:

  • L’audibilité : il s’agit de la capacité à percevoir les sons légers émis à basses et à hautes fréquences.
  • La compréhension au sein d’un cadre silencieux : il s’agit de la compréhension d’un interlocuteur qui s’adresse à vous dans un cadre silencieux, sans que vous le voyiez.
  • La compréhension au sein d’un cadre bruyant : il s’agit de la capacité de compréhension d’une discussion et d’échanges dans un contexte bruyant.
  • La tolérance au bruit : il s’agit de la définition du niveau sonore à partir duquel les bruits de fond perturbent la compréhension d’une discussion.
  • L’audition directionnelle : cette mesure évalue la capacité à identifier la provenance et la localisation d’un bruit.
  • Le ciblage : il s’agit de la capacité à isoler un son, comme une conversation, dans un environnement bruyant afin de le comprendre.
audiometrie

Quelles sont les différentes étapes ?

Un test auditif se décline en 7 étapes. Les deux premières étapes sont des phases de découvertes générales du patient, de son audition et de ses besoins. Les cinq étapes suivantes consistent en des examens approfondis, notamment afin de cibler la capacité auditive du patient, la présence éventuelle de troubles et la source de la déficience.

  1. L’anamnèse constitue la première étape. Il s’agit d’un entretien préliminaire qui se déroule avant le test d'audition à proprement dit. Le spécialiste audiologiste pose une série de questions au patient afin de disposer d’un aperçu global de l’audition de celui-ci, d’identifier d’éventuels troubles et de définir les contextes dans lesquels l’audition est de bonne qualité et ceux où celle-ci s’avère déficiente. Cet entretien lui permet également de découvrir les éventuels cas de troubles auditifs au sein de la famille du patient, ses antécédents personnels,les traitements qu’il suit (certains pouvant impacter l’audition) et son contexte de vie privée et professionnelle afin de discerner de possibles facteurs aggravants. Il se devra également de cerner les besoins et les attentes du patient en matière d’audition.

  2. La deuxième étape est un examen des oreilles. Le spécialiste ausculte les oreilles du patient à l’aide d’un otoscope, ceci afin de constater la présence éventuelle de lésions du conduit auditif ou du tympan.

    À la suite de ces deux examens préliminaires, le test auditif peut réellement commencer. Il se déroule dans une pièce fermée et insonorisée.

  3. L’audiométrie tonale liminaire constitue l’étape 3 etconsiste à effectuer une analyse précise de la capacité auditive du patient. Pour ce faire, celui-ci porte un casque ou des écouteurs qui lui envoient une série de sons purs.

  4. L’épreuve tonale est l’étape suivante. Elle sert à déterminer les seuils auditifs du patient. Il s’agit des sons les plus faibles que l’oreille peut entendre dans des intensités et des fréquences différentes, du plus grave ou plus aigu. Le spécialiste peut ainsi déceler une perte d’acuité auditive et en comprendre la nature.

  5. L’impédancemétrie consiste ensuite à mesurer la capacité de l’oreille à percevoir des sons purs à l’aide d’un transmetteur installé derrière celle-ci, afin de déceler d’éventuels troubles de la cavité de l’oreille moyenne.

  6. L’audiométrie vocale sert à évaluer la discrimination auditive, c’est-à-dire la capacité de comprendre une parole prononcée. L’étude porte sur les capacités du nerf auditif qui transmet les signaux entendus par l’oreille directement au cerveau. Le spécialiste vérifie si les difficultés de compréhension de la parole peuvent se situer au niveau du cerveau.

  7. Enfin, la tympanométrie ou immitancemétrie a pour objet d’analyser la mobilité du tympan du patient et l’aération de son oreille moyenne. Ce test permet de constater une éventuelle perforation du tympan, une rigidité particulière ou une dysfonction tubaire. Les résultats de ces différents tests sont présentés sous la forme d’un audiogramme. Celui-ci définit le degré de déficience auditive du patient et préconise ou non le port d’un appareil auditif.

L'audiogramme

audiogramme

L'audiogramme tonal est réalisé avec un casque sur les oreilles. La personne signale le son le plus faible qu'elle peut percevoir pour différentes fréquences et pour chaque oreille.

L'examen peut être répété à l'aide d'un vibrateur pour mesurer la qualité de transmission par l'oreille moyenne (conduction osseuse).

L'audiogramme vocal consiste à demander au sujet de répéter des mots et à compter le pourcentage d'erreurs réalisées.

Ces erreurs mesurent la gêne auditive réelle. Les tests doivent être réalisés dans un endroit silencieux. Des examens complémentaires peuvent être réalisés si besoin est.

A l'issue du bilan, le médecin ORL peut prescrire le port d'appareils auditifs. Le choix et le réglage de ceux-ci se font par un audioprothésiste.

L'analyse de l'audiogramme

analyse audiogramme

L’audiogramme présente les résultats des différents tests effectués par le patient. Pour l’analyser et l’interpréter, le spécialiste se base sur les valeurs de référence d’un audiogramme normal, comme dans le cas d’une analyse sanguine. Ces résultats sont utiles pour permettre de diagnostiquer le type de déficience auditive et de surdité dont un patient est atteint.

Les résultats permettent au praticien de mieux cibler les capacités d’audition d’un patient et ainsi de voir si celui-ci a besoin d’un appareil auditif ou non.

Les mesures de la déficience auditive

Le spécialiste s’appuie sur une série de mesures pour cerner la déficience auditive de son patient.

  • Pour une perte de décibels située entre 20 et 40 dB, la déficience auditive est considérée comme légère.
  • Pour une perte de décibels située entre 40 et 70 dB, la déficience auditive est considérée comme moyenne.
  • Pour une perte de décibels située entre 70 et 90 dB, la déficience auditive est considérée comme sévère.
  • Pour une perte de décibels supérieure à 90 dB, la déficience auditive est considérée comme profonde.

Les résultats après le bilan auditif

L’analyse fine du résultat est réalisée par un médecin ORL. Si vous avez effectué votre test avec un audioprothésiste, celui-ci vous dirigera vers ce type de spécialiste.

Le médecin ORL analyse les résultats du bilan du patient. Il détermine le niveau de perte auditive et il identifie la cause de cette perte. Toutefois, les origines de celle-ci peuvent être nombreuses.

Si la déficience auditive est liée à une maladie, le spécialiste préconise ensuite un traitement adapté. Si aucune pathologie n’est en cause, il conseille la mise en place d’un appareillage auditif afin d’apporter plus de confort au patient. L’appareillage proposé doit être capable de répondre aux besoins et au mode de vie du patient.

En cas de perte auditive définitive, l’ORL dirigera le patient vers un audioprothésiste afin de voir si un type d’appareillage ou d'aide auditive peut apporter une solution améliorative et en définir ses réglages.

Les tests auditifs en ligne : fiabilité, avantages et limites

Il serait erroné de penser qu’une perte de l’audition est subite et qu’elle constitue la conséquence d’un âge avancé. Au contraire, la perte auditive peut toucher des personnes de tous âges et elle s’installe de manière progressive en raison de facteurs héréditaires, d’une maladie, de mauvaises habitudes ou d’une surexposition régulière et répétée au bruit dans le cadre d’une activité professionnelle ou personnelle. En conséquence, la plupart des personnes touchées ne s’en aperçoivent que tard, lorsque le trouble est bien installé et que la perte d’audition est importante.

Pour éviter cette fatalité, il est conseillé à tous de procéder à une évaluation de la capacité auditive. Pour ce faire, il n’est pas forcément nécessaire de se rendre chez un ORL ou chez un audioprothésiste. Il existe désormais des tests d’audition à réaliser en ligne, de chez soi et bien souvent gratuitement.

Ces tests simples consistent en une anamnèse, comme dans le cadre de celui effectué chez un spécialiste. Il suffit de répondre à certaines questions qui établiront le profil de la personne, ses antécédents, ses habitudes de vie et son exposition au bruit. La diffusion de sons permet ensuite de réaliser un premier dépistage.

S'il n'a rien révélé, aucune démarche n’est à entreprendre. Dans le cas contraire, il est conseillé de consulter un ORL afin d’effectuer une audiométrie plus précise. Cette seconde analyse peut éliminer tout risque ou bien déceler une perte auditive. Le spécialiste préconisera ensuite les solutions qui s’offrent au patient pour y remédier.

Si ces tests permettent d’évaluer la possibilité d’un risque de perte auditive de chez soi et gratuitement, ils ne constituent pas une solution à part entière. Il s’agit d’une première étape qui vous permettra de vous rassurer ou de savoir qu’il est préférable de consulter un spécialiste pour réaliser un véritable bilan auditif complet. Leur fiabilité est plus ou moins élevée selon les sites ; il est donc recommandé de vous tourner vers un test mis en ligne par un spécialiste de l’audition. Quoi qu’il en soit, cette première étape est parfois un tremplin intéressant pour encourager des personnes qui n’ont pas conscience de leur perte auditive à consulter.


Questions fréquentes

Vous trouverez ici les questions fréquemment posées au sujet du test auditif.

À quoi sert-il ?

Un test auditif sert à détecter une baisse de l’audition. Chez la plupart des personnes, celle-ci survient de manière insidieuse et presque imperceptible. Plus vite une baisse auditive est détectée, plus il est facile de rétablir la meilleure audition possible à l’aide d’un appareil auditif. C’est la raison pour laquelle il est très important de contrôler son audition dans le cadre d'une prévention annuelle.

A partir de quel âge dois-je faire contrôler mon audition ?

En général, une baisse d'audition apparaît naturellement à partir de l’âge de 50 ans, c'est donc à partir de cet âge qu'il faut avoir le réflexe du dépistage auditif. Bien sûr, si vous ressenter les signes de problèmes auditifs avant cet âge, n'attendez pas.

À quelle fréquence faut-il l'effectuer ?

Nous recommandons de le faire chaque année. Sa répétition régulière permet de mesurer l'évolution de votre audition et de dépister facilement l'apparition d'un problème.

Où puis-je le réaliser?

Il est possible d’effectuer un test auditif dans un centre d'audition ou chez un ORL de votre choix, il en existe des centaines en France. Ce dépistage est gratuit dans chacun de ces centres.

Est-il payant?

Il est gratuit. Il fait partie de l'action de prévention des troubles auditifs et de sensibilisation du grand public aux problématiques liées à la baisse d'audition. plusieurs initiatives comme les Journées nationales de l'audition vont dans ce sens.

Pourquoi réagir vite?

Il est primordial de réagir dès le moindre doute sur la qualité de son audition. Or, nous sommes encore très nombreux à ne pas en avoir le réflexe, ignorant les risques possibles de la perte d'audition et ses conséquences sur notre qualité de vie et notre santé.

Voici 5 raisons pour réagir rapidement quand une gêne est détectée:

  1. Etre peu gêné ne veut pas dire que ce n’est pas important, mais plutôt que la baisse d’audition ne fait que démarrer. L'audition se dégrade petit à petit, la gêne engendrée par la baisse d'audition est donc très limitée au départ, et s'accroît progressivement.

  2. Une fois enclenchée, la baisse d’audition ne s’arrête pas d’elle-même. Il s'agit d'un phénomène irrémédiable qui va se développer progressivement jusqu’à devenir handicapant s’il n’est pas pris en charge à temps de manière appropriée : c'est donc un sujet à prendre au sérieux.

  3. Seule une prise en charge rapide permet de garantir une compensation optimale de la baisse de son audition. Une réaction précoce permet de limiter votre perte auditive et donc le besoin de correction future. Elle évite à votre cerveau de s’habituer à ne plus entendre certains sons et préserve les facultés cérébrales qui vous permettent de différencier les sons (par exemple la parole et le bruit), et de les interpréter pour bien comprendre.

  4. La baisse d'audition risque de vous couper progressivement des autres. Elle remet tout d’abord en cause la bonne compréhension de la parole, et représente progressivement un obstacle dans votre rapport aux autres. Ainsi, 71% des malentendants se sentent isolés et mal à l’aise en société.

  5. La perte d’audition peut avoir de lourdes conséquences sur votre activité cérébrale et votre santé. Certains sons n'étant plus transmis au cerveau, il est ainsi moins stimulé et c’est toute l’activité cérébrale qui s’en trouve ralentie. Les troubles auditifs ont donc tendance à favoriser la diminution de l’activité et par conséquent des capacités cérébrales et le développement de maladies comme Alzheimer.

Les dangers pour le cerveau

Ce dernier point est peut être le plus important, en effet la perte auditive et le fonctionnement du cerveau sont étroitement liés. « Laisser traîner » une perte auditive affecte clairement la fonction cognitive.

A l’image de la kinésithérapie qui permet de restaurer un muscle ou une articulation endommagé, il a été prouvé également que l’utilisation de prothèses auditives permettait d’obtenir des améliorations chez les personnes ayant eu ce déclin cognitif à la suite d’une déficience auditive non traitée.

Une étude menée par l’université de Pennsylvanie, dont les résultats ont été publiés en août 2011, montre qu’un déclin de la capacité auditive peut accélérer atrophie de la matière grise dans l’aire auditive du cerveau.

Ce rétrécissement du cerveau dans les zones importantes pour la compréhension auditive augmente l’effort requis aux personnes concernées pour comprendre une conversation. Cet effort supplémentaire peut donc avoir des effets collatéraux pour les personnes âgées dont l’énergie est limitée.

L’étude a révélé que les personnes ayant une perte auditive ont en parallèle une perte d’activité cérébrale à l’écoute de phrases complexes (mesures effectuées par IRM )

Les sujets ayant une perte sévère ont également moins de matière grise dans le cortex auditif, ce qui suggère que les zones du cerveau liées au traitement auditif présentent une atrophie accélérée en cas de baisse des capacités auditives.

La déficience auditive entraîne donc un cercle vicieux au niveau des processus neuronaux soutenant à la fois la perception et la cognition. Et comme les capacités auditives diminuent avec l’âge, il est important de voir les appareils auditifs non seulement comme un moyen d’améliorer le confort et la sociabilité, mais également comme un moyen de préserver le cerveau.

La démarche à suivre pour s’équiper

La nécessité de porter une prothèse auditive est déterminée par des spécialistes des troubles auditifs. On en dénombre trois : l'ORL, l'audioprothésiste et l'orthophoniste. Ces derniers sont aptes à juger si, oui ou non, vous avez besoin d'une prothèse auditive. Mais vous ne devez prendre rendez-vous chez un de ces spécialistes seulement après avoir consulté votre médecin.

Ainsi, nous vous conseillons de commencer par vous rendre dans un centre d'audition. Celui-ci vous fera un test et jugera de l'intérêt de porter une prothèse auditive. L'avantage du centre d'audition est qu'il est en proximité (sûrement dans votre ville) et propose un test gratuit immédiat.

S'il s'avère que vous réellement besoin d'une prothèse auditive, tournez vous vers un des trois spécialistes cités auparavant. Dans l'ordre naturel des choses, l'ORL identifie les causes de vos troubles auditifs et vous délivre une prescription médicale.

Prenez ensuite rendez-vous chez l'audioprothésiste. Celui-ci vous équipera en prothèse auditive et vous aidera dans votre choix. De plus, vous bénéficierez d'un véritable accompagnement dans votre achat de prothèse auditive. Vous suivrez plusieurs étapes avec votre audioprothésiste :

  • 1er rendez-vous : bilan ;
  • 2ème rendez-vous: essai d'appareillage ;
  • suivi régulier : contrôle de l'efficacité de votre prothèse auditive ;
  • décision finale : après deux à quatre semaines d'essai et d'utilisation de la prothèse auditive.

L'orthophoniste est un spécialiste de la communication et du langage. Il vient éventuellement en complément de la prothèse auditive si vous désirez suivre une rééducation. L'orthophoniste vous apprendra à lire sur les lèves, maîtriser vos paroles, voix et langage. Le remboursement ne sera possible que si vous disposez d'une prescription de votre ORL.

L'audition et l'oreille: fonctionnement du système auditif

oreille et audition

Vos deux oreilles vous permettent d'entendre. Une oreille travaillant seule ne pourrait pas le faire correctement. Votre cerveau a besoin de comparer et d'équilibrer la puissance, la cadence et le rythme des sons des deux oreilles pour leur donner un sens.

L'oreille

L'oreille se compose de trois parties:

  • L'oreille externe
  • L'oreille moyenne
  • L'oreille interne

L'oreille externe comprend la partie visible de l'oreille, le pavillon et le canal auditif. Le son entre par l'oreille externe et est dirigé à travers le canal auditif.

L'oreille moyenne est un espace rempli d'air séparé de l'oreille externe par le tympan, la membrane tympanique. L'oreille moyenne contient les trois plus petits os du corps humain, les osselets. Ces os font le lien entre le tympan et l'oreille interne. Le tympan et les osselets convertissent le son en énergie mécanique.

La partie de l'oreille interne responsable de l'audition est appelée la cochlée. Il s'agit d'un milieu liquide contenant des milliers de minuscules fibres nerveuses, les cellules ciliées. L'action mécanique de la chaîne osseuse crée un mouvement dans le fluide qui stimule les fibres nerveuses. Ensuite, ces fibres nerveuses envoient des pulsations électriques au système nerveux central et au cerveau, qui interprète ces ondes comme des sons.

L'audition et le bruit

Les ondes sonores, c’est-à-dire un son ou un bruit, sont portées par l’air jusqu’à l’oreille où elles sont captées par le pavillon qui fonctionne comme un entonnoir. Ainsi réunies, les ondes sonores sont dirigées vers le conduit auditif. Au bout de celui-ci, le son atteint le tympan qui se met à vibrer. Les vibrations sont transmises aux trois osselets situés dans l’oreille moyenne : le marteau, l’enclume et l’étrier.

Les ondes sonores sont ainsi mécaniquement transmises à l’oreille interne qui joue le rôle d'amplificateur.

L’oreille interne est constituée de la cochlée, une partie très complexe, semblable en apparence à la spirale d'une coquille d’escargot. Cet "escargot" permet de percevoir des signaux sonores à peine audibles ou très forts et les différences de fréquences les plus infimes. L’organe de l'audition se trouve dans la cochlée. Il est composé de cellules ciliées et est entouré de liquide. Les vibrations des osselets sont transmises au liquide qui fait bouger à son tour les cellules ciliées. Ceci déclenche l’influx nerveux qui est transmis au cerveau par le biais du nerf auditif.

Le cerveau transforme les signaux nerveux électriques ainsi reçus en sensations auditives et la plasticité cérébrale, via l'apprentissage dès le plus jeune âge, permet de reconnaître de donner du sens à ces signaux. L'individu interprète alors le son perçu comme étant de la musique, de la parole ou du bruit. Les facultés auditives d’une audition varient en fonction des tons graves, moyens ou aigus.

La puissance du son est mesurée en décibel, abrégé "dB". Le décibel exprime l'intensité du son sur une échelle allant de zéro, pour le son le moins perceptible en moyenne, à 140, pour le niveau douloureux le plus élevé. Un discours habituel se situe entre 60 et 65 dB. Le graphique suivant présente l'échelle du son en décibels:

échelle du son

Quand un individu est surexposé à des niveaux sonores trop excessifs, les structures sensibles de l'oreille interne peuvent être endommagées causant une perte d'audition due au bruit.

La perte auditive

perte auditive

De tous vos sens, vos oreilles sont peut-être l'organe de communication le plus important. Même quand vous dormez, vos oreilles sont toujours attentives.

En France, 10 millions de personnes déclarent souffrir d'une perte d'audition et pourtant 50% d'entre elles ne portent pas d'aide auditive. Cette proportion est d'autant plus alarmante que plus une perte est ancienne et non corrigée, plus elle s'aggrave. Une mauvaise audition, c'est le début de l'exclusion. Si la perte auditive n'est pas détectée suffisamment tôt, elle s'aggrave insidieusement de façon irréversible jusqu'à ce que le cerveau lui-même perde ses capacités à reconnaître le langage.

La perte de l'audition conduit trop souvent à l'isolement social, parce que nous sommes frustrés de ne pouvoir suivre les conversations et évitons les réunions, les fêtes de famille.

Utilisez le test auditif pour vérifier votre audition.


Nature de la perte de l'audition

La perte de l'audition est initialement divisée en deux catégories générales:

  • Perte auditive de transmission
  • Perte auditive neurosensorielle

La perte auditive de transmission résulte de traumatismes qui limitent la transmission du son à travers l'oreille externe ou moyenne. Cette perte d'audition est habituellement traitée médicalement ou chirurgicalement. Dans certains cas, une aide auditive peut offrir une amélioration de l'audition suffisante.

Pour la plupart des adultes, la perte de l'audition est neurosensorielle. La perte neurosensorielle affecte l'oreille interne ou les conducteurs neuroniques. Dans ce cas, le son est transmis normalement à travers l'oreille externe et moyenne, mais l'oreille interne ne transmet pas efficacement le son, ce qui est souvent du à la dégradation des cellules ciliées à l'intérieur de la cochlée. Cela entraîne la réduction de la perception des sons en intensité et en qualité. Le résultat est une capacité détériorée à entendre le son et à comprendre un discours.

La perte de l'audition neurosensorielle est habituellement soignée par un soutien auditif qui amplifie le son pour surmonter la diminution en sensibilité des fines extrémités nerveuses à l'intérieur de la cochlée.


Les causes

La perte auditive peut être provoquée par divers facteurs. On distingue parmi ceux-ci les otites à répétition, les incidents néo-natal, l'ostopongiose avec sécrétion, les intoxications médicamenteuses ou la surdité héréditaire.

Contrairement aux idées reçues, les prothèses auditive ne sont pas uniquement destinées aux personnes âgées. Ce qu'on appelle la presbyacousie débute en général vers 45 ans mais peut commencer plus tôt selon votre patrimoine génétique. La prothèse auditive est un moyen formidable de compenser cette perte auditive.

La proportion de personnes souffrant de surdité ou perte auditive tend à augmenter, notamment à cause des bruits professionnels. Nous faisons face dès aujourd'hui à un enjeu du domaine de la santé publique.

La prothèse auditive vous permet de continuer à échanger, discuter et partager des moments en réduisant votre surdité. La perte auditive ne doit pas devenir un blocage et vous isoler. Ainsi, elle fait office d'aide technique et psychologique face à la surdité et à la perte auditive.


La perte d'audition due au bruit

La dégradation de l'audition peut déjà commencer à un niveau de pollution sonore continu de 85 dB. Si vous écoutez la musique trop fort à un concert ou avec votre lecteur MP3 par exemple, plus tard vous sentirez que vous n'entendez plus aussi bien qu'avant. Cela apparaît parce que les fines cellules ciliées de votre organe auditif sont temporairement endommagées. Après un temps de repos, elles se rétablissent. On appelle cela le Palier Limite Temporaire.

Pourtant, si vous vous exposez vous-même avec répétition, pendant de longues périodes de temps, à une tension bruyante extrême, ces cellules ciliées vont devenir sévèrement endommagées sans aucune chance de régénération. C'est ce qu'on appelle le Passage Limite Permanent.

Ecouter fort la musique aux concerts, dans les discothèques ou avec un casque est particulièrement dangereux. Les intensités sonores, dans les casques, peuvent aujourd'hui atteindre 110-120 dB.

Les personnes dont le travail les expose régulièrement au bruit sont particulièrement en danger. Les ouvriers du bâtiment, des usines, ceux qui sont sur le tarmac des aéroports et les musiciens devraient porter des protections auditives.

La pollution auditive peut aussi entraîner des bourdonnements dans les oreilles. Ce sont des acouphènes, bruit qui vient d'une seule ou des deux oreilles, et apparaît sous des formes et des niveaux sonores très différents.

Un bruit fort d'explosion soudain comme un feu d'artifice peut causer la même détérioration auditive.

Que faire?

Protégez vos oreilles par le port de protection auditive ! Le choix est très large parmi les appareils qui aident à entendre et les appareils qui protègent l'audition, adaptés individuellement avec différents systèmes de filtre.


Les 4 niveaux de la perte d'audition.

  1. Légère : de -20 à -40 dB – Les sons émis faiblement deviennent difficiles à entendre, ainsi que certaines discussions dans un environnement sonore bruyant
  2. Moyenne de -40 à -70 dB - Les sons moyennement forts sont mal perçus et les conversations deviennent confuses
  3. Sévère : de -70 à 90 dB - Les sons forts sont encore entendus, mais sans une prothèse adaptée, la parole de l'autre n'est plus entendue.
  4. Profonde : - 90dB et plus - La surdité est quasi-totale, un appareillage est indispensable pour communiquer.